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Stéréotypes de genres : ces clichés que l'on transmet sans le faire exprès…
information fournie par Partenaire 22/06/2021 à 10:44

Les stéréotypes de genre sont souvent instillés très tôt au cours de notre enfance, par le biais de l'éducation et de notre environnement social. Ils ont par la suite des répercussions considérables sur le reste de notre existence et ils influent autant sur notre vie personnelle d'un point de vue affectif que professionnel. Dans ce contenu, nous allons essayer de bien comprendre comment se construisent ces fameux stéréotypes de genre, qui génèrent de fait des inégalités entre les enfants et ainsi tâcher de nous doter aussi des moyens de lutter contre cela.

Stéréotypes de genres : ces clichés que l'on transmet sans le faire exprès…

Stéréotypes de genres : ces clichés que l'on transmet sans le faire exprès…

I/ Des origines des stéréotypes de genre…

Il faut comprendre que dès notre plus tendre enfance, le simple fait d'habiller son petit garçon en bleu et sa petite fille en rose va quelque part commencer à structurer ces stéréotypes dont nous allons traiter aujourd'hui. La preuve en est, lorsqu'une photo de bébé habillé en vert, en marron, ou en jaune vous est proposée, et bien vous allez vite vous rendre compte qu'il vous sera très compliqué de définir si ce dit nouveau né est une petite fille ou un petit garçon…

Notez que cette remarque que nous faisons sur les bébés, pourrait aussi bien s'appliquer aux enfants jusqu'à la puberté… Si vous coiffiez et vêtissiez un enfant de 10-12 ans de façon totalement neutre, il vous serait bien difficile de trancher pour ce qui est de savoir quel est son sexe, c'est scientifiquement prouvé par maintes études.

A la naissance, si l'on excepte l'appareil reproductif, les nouveaux nés possèdent les mêmes membres, le même cerveau et les mêmes organes, très exactement ; plus étonnant, il faut aussi savoir (ce qui va sans doute en étonner certains…) que les enfants qui viennent de naître possèdent les mêmes taux d'hormone (testostérone et œstrogène), que  l'on parle d'une petite fille ou d'un petit garçon. Ce n'est que plus tard, autour de 2 ou 3 mois, que les choses vont évoluer avec ce que l'on appelle parfois la « mini-puberté », et qui va entraîner une hausse de la testostérone chez le garçon et de l'œstrogène chez la fille. Par la suite, encore une fois, les études le prouvent, il n'y a quasiment aucune différence dans les taux d'hormone observés chez les garçons et les filles, et ce jusqu'à la puberté ( et ce quelle que soit l'éducation qui leur a été donnée ...).

C'est donc ce que l'on appelle le « genre » qui va permettre au cours de ces années-là, de bien différencier un petit garçon d'une petite fille… Le « genre », dans cette acceptation du terme, désigne alors tout ce qui est étranger à la biologie, à savoir le sexe (les hormones, les gènes), et l'on parle donc de tout ce qui touche la construction sociale à proprement parler. Par extrapolation, très vite, le « genre » va aussi s'affirmer par ce que l'on nomme le ressenti, et l'identification personnels : ainsi, on va vouloir ressembler à papa, ou on va vouloir ressembler à maman (pour faire simple...car les modèles de constructions sont un peu plus complexes que cela, mais nous simplifions par souci de clarté).

II/ Pourquoi avons-nous des stéréotypes ?

Comme nous l'avons dit précédemment, nous avons tous les même cerveau à la naissance, et la complexité presque inextricable des connexions qui le définissent peuvent le rendre très lent dans certaines situations qui nécessiteraient une prise de décision rapide, voire immédiate.  Les stéréotypes sont donc là pour raccourcir ces prises de décisions dans telle ou telle situations données, ils ne sont donc pas nécessairement néfastes, et au contraire même, ils sont fondateurs et cruciaux (par exemple dans une situation de danger imminent qui impose de prendre ses jambes à son cou le plus vite possible, si vous étiez amené à peser le pour et le contre pendant 1 ou 2 secondes, ce serait peut-être 1 ou 2 secondes qui vous coûteraient la vie !).

D'une manière plus générale et moins ciblée (à savoir dans des situations plus nuancées qu'une situation de danger immédiat), ce sont souvent ces stéréotypes qui vont nous conduire à opter pour telle ou telle réaction face à un contexte donné. Par exemple, devant une photo d'un bébé qui pleure, lorsque l'on est renseigné sur le sexe du dit bébé, et bien notre ressenti est sensiblement différent ; pour faire simple, si c(est un garçon la majorité des gens jugera qu'il pleure parce qu'il est en colère, or, si c'est une fille, la majorité, cette fois, s'inclinera davantage vers l'idée que sa maman lui manque et que cela lui vaut beaucoup de peine… Voyez comme cela peut influencer la pensée, et comme, au demeurant, cela nous incite à porter des jugements qui sont, pour le moins, à l'emporte pièce (puisque nous ne connaissons rien de l'enfant, ni du contexte qui lui vaut cette crise de pleurs au fond…). Il va donc de soi, que mieux on connaît l'enfant et le contexte, moins nous allons nous référer à ces stéréotypes, et c'est tant mieux !

Mais les stéréotypes ne se limitent pas à nous donner un temps de réaction plus court, ils ont aussi un véritable rôle en termes d'enjeux sociaux. Le petit humain est intrinsèquement social, et cela signifie qu'il a non seulement besoin d'être accepté et intégré dans le groupe qui constitue son noyau, mais il a aussi besoin que l'on s'occupe de lui, que l'on prenne soin de lui, notamment lors de ses premières années. Les premières années de la vie servent à emmagasiner un maximum d'observations et d'expériences, pour ne conserver au final que les connexions du cerveau qui vont effectivement s'avérer utiles voire même primordiales pour vivre correctement et se développer en tant qu'individu à part entière.

Nous sommes donc plus ou moins fabriqués pour avoir des stéréotypes, et nous en retirons des avantages sociaux et une véritable utilité qui ne se démentent pas. La question qui se pose est alors de savoir pourquoi nous devrions lutter contre cela, puisque cela semble si intrinsèque à notre nature ? C'est ce que nous allons voir au cours de la 3ème partie.

III/ Pourquoi et comment tenter de limiter les stéréotypes ?

Le souci principal que l'on rencontre avec les stéréotypes, c'est qu'ils sont de véritables incubateurs, ou générateurs (c'est selon…) d'inégalité.
Trop souvent, ils vont engendrer une sorte de mécanique systématique qui va ostraciser une certaine frange de personnes ou de situations dont nous convenons personnellement (d'après nos stéréotypes…) dans telle ou telle catégorie. D'une certaine manière, on peut même aller jusqu'à dire que les stéréotypes ont la fâcheuse tendance à légitimer les inégalité et donc, à les creuser ; c'est qui amène les peuple à se diviser entre eux en fonction de leur appartenance ethnique, à leur sexe ou leur inclination religieuse et ce genre de choses. C'est de ce fait que nous mêmes attribuons des traits de personnalités, des caractéristiques sociales à telle ou telle frange sociétale, sans même envisager qu'au fond, nous avons affaire, à chaque rencontre individuelle, à une personne qui est unique et qui se définit non pas par notre prisme, mais par ses expériences et son vécu, et aussi sa sensibilité.

Si l'on devait faire une synthèse afin de bien comprendre pourquoi et comment il faut limiter cette propension à créer ou à suivre des stéréotypes il faudrait commencer par dire que nous avons toutes et tous des stéréotypes ancrés au fond de nous (même les personnes les plus ouvertes…) et que nous allons toutes et tous (de manière cependant inégale…) transmettre tout ou partie de ces stéréotypes. En prendre conscience c'est déjà se doter de certaines armes, dont l'autocritique, pour aller à l'encontre de certains d'entre eux, même si cela peut parfois sembler difficile, mais il faut s'écouter quand une petite voix intérieure nous dit que nous sommes en train de nourrir un message qui n'a pas de fondement en soi, autre que des stéréotypes justement...car cela arrive souvent, pour peu que vous y prêtiez attention.

Par ailleurs, il faut aussi se rendre compte que nos sociétés et nos cultures ont une très forte tendance à non seulement véhiculer des stéréotypes de genre très poussés, mais qu'en plus, elles ont aussi tendance à les favoriser, or notre cerveau aura dès lors tendance à « tomber dans l'écueil » et les entretiendra presque de lui-même...comme par inertie intellectuelle.

Enfin et pour finir, afin d'en remettre une petite couche par rapport à ce que nous disions s'agissant des enfants (jusqu'à la puberté…), il faut aussi bien comprendre que nous avons tous plus ou moins la même façon de surestimer les différence physiologiques et biologiques entre les garçons et les filles, qui, au fond, ne sont pas si diamétralement opposés que cela avant que les hormones ne les « transforment » d'un point de vue physique ; et l'idéal serait même de comprendre qu'au fond (et nous le savons pourtant tous évidemment…), femmes et hommes appartiennent à la même famille, et ne sont pas en compétition, ils sont, au contraire, complémentaires l'un de l'autre, ni plus, ni moins !

Romain Pillard

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